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Le Team 42 au 69ème Bol d’Or.

Team 42
Un des derniers passage sur la ligne lors du Bol d'Or 2005

« Une course beaucoup moins arrosée …»

Le cru 2004 avait été une année particulièrement bien arrosée pour l’ensemble des concurrents puisque pour rappel une partie de la course avait eu lieu (de 17h00 à 02h00) sous un déluge d’eau.

Arrosé aussi, le résultat du Team #42 l’avait été, puisqu’après une très laborieuse qualification, l’équipe avait décroché une très belle 15ème place au classement général.

Malheureusement les années se suivent et ne se ressemblent pas, car l’édition 2005 du Bol d’Or s’est plutôt déroulée dans des conditions de piste sèche et très froide. La course n’en fut pas moi physiquement très dure avec des températures très froides durant la nuit (4/5°C).



Lundi.
Comme le veux la tradition, la majeure partie de l’équipe s’est retrouvée à l’entrée du circuit dès le lundi 12 septembre.
Après avoir récupéré les « pass » - sésames indispensables à chacun pour vaquer tranquillement dans le paddock sans risquer l’expulsion directe du circuit -, nous installons notre marabout qui nous servira durant toute cette semaine à la fois de cuisine, salle à manger, cave, garde manger, local congélateur et frigo, buanderie, accueil VIP, cabinet de massage ( en tout bien tout honneur).



Mardi.
Il n’y a pas qu’à Lourdes que les miracles arrivent !

Cette année, la célèbre Marie a du passer du coté de Larivière Organisation puisque tous nos souhaits ont été exaucés, alléluia !
Nous disposons d’un stand complet, d’un espace juste derrière le stand pour le camion 19 tonnes et d’une surface sur le paddock suffisante pour installer tous nos véhicules.

Comme les miracles n’arrivent pas tout seuls, j’en profite pour remercier Noël Renouard et son équipe « paddock ». Cependant, une petite voix m’aurait glissé une nuit dans l’oreille que le faible nombre de concurrents (48) aurait largement facilité l’attribution des stands et la surface disponible !

La journée du mardi est donc consacrée à l’installation du stand de haut en bas c’est à dire de la pose de la moquette jusqu’à l’éclairage en passant par les établis, servantes et autres outillages….
En plus s’ajoute cette année une décoration du stand à nos nouvelles couleurs à l’aide de panneaux sérigraphiés. Beaucoup nous féliciterons pour le coté « pro » de l’installation. De plus, c’est toujours agréable de travailler dans un joli stand tout propre !



Mercredi.
Enfin, les motos vont rouler !

Au programme, 2 heures de roulage pour se remettre dans le bain de Magny-Cours même si les pilotes ont roulé pour les essais pré-Bol mi-août. Le micro-climat nivernais étant très humide en septembre, ce n’est qu’à 11h00, après dissipation de l’épais brouillard, que la séance débute.

Les 2 motos sont lancées en piste avec différents objectifs :
- Pour la « mule » : valider le problème de purge de radiateur rencontré aux essais pré-Bol.
- Pour l’autre : confirmer et optimiser les réglages châssis validés mi-août.

Cette séance est aussi consacrée à l’établissement de la stratégie de course grâce au calcul des consommations d’essence, d’usure des plaquettes et des pneus. Les résultats confirment le bon travail des essais du mois d’août et nous laissent optimistes pour la suite des évènements.

L’après midi est consacré au contrôle technique et c’est avec une joie non dissimulée (à super !) que les mécanos emmènent les 2 motos pour vérification. On se rend au contrôle technique un peu comme on va chez le dentiste, c’est à dire en étant sur d’avoir mal !

Pas manqué ! Une fois de plus les motos sont non conformes sur des détails forts discutables.

--> exemple: le feu permanent installé en 2004 n’est plus réglementaire en 2005 alors que le règlement n’a pas changé. J’ai comme la vague impression d’être dans la situation du pigeon à plumer.

Comme d’habitude, on baisse la tête en disant « oui Monsieur, bien Monsieur » et les mécanos trouvent une solution.

Nouvelle présentation :
--> Cette fois c’est autre chose qu’ils n’avaient pas vu lors du premier passage !
çà va durer encore longtemps ? Sarko aurait-il fait aussi des émules chez nos chers contrôleurs !
En fin de journée les 2 motos seront conformes et prêtes pour les qualifs. de demain.



Jeudi.
Grand beau sur Magny-Cours.

Les 2 fois 1h00 d’essais libres se passent sans encombre et tout doucement la pression des qualif. commence à monter. Le fantôme des qualifs catastrophiques de 2004 ressurgit dans les esprits de chacun.
Aussi, il est décidé de mettre le paquet sur ces premières séances car comme d’hab. c’est toujours là que ce fait la place sur la grille d’autant plus que la pluie est annoncée pour vendredi matin.
Avec l’appuis de Rolland ( le boss de chez Dunlop), il est décidé de passer 2 gommes différentes lors des qualifs de chacun , afin de ne pas louper les chronos.

--> Les pilotes s’arrêteront après 5 tours de mise en jambes ( ou plutôt de mise en roues !) pour monter des pneus plus tendres afin de faire claquer « The Pendule ».

Stéphane Kokes qui roulera le premier, part s’isoler pour se concentrer.

A 16h30, Stéphane entame sa séance le couteau entre les dents : la saison d’Open est encore toute fraîche !
Bilan : 1’48 .491 - Bravo ! C’est plus de 2 secondes plus vite qu’en 2004.

Avec 10 minutes entre chaque séance, les mécanos ont juste le temps de faire le plein et de changer les pneus.

Les qualifs d’Alain Angelle et Mickaël Champliaud vont également bien se dérouler (pourvu que ça dure !). Un 1’49.478 pour le premier et un 1’48.578 pour le deuxième.

C’est aussi une amélioration de plus de 2 secondes par rapport aux chronos de l’an dernier. Comme quoi un châssis bien réglé et une saison de Championnat de France d’Endurance cela porte ces fruits.

La tension rebaisse d’un cran et la grille provisoire du jeudi soir nous place en 27ème position sur les 48 équipages.
Cependant, la journée n’est pas finie et après un bon petit repas préparé par Nono ( tu peux te reconvertir quand tu veux, sauf peut-être pour le café !), les essais de nuit nous attendent.

La Pit-Lane s’illumine alors de mille feux grâce aux éclairages de chaque box et nous voici baignés dans cette atmosphère si particulière du Bol : rouler la nuit. Tout change : le bruit, les odeurs, les repères. Tout est si différent mais tellement enivrant : c’est magique !

Les 3 pilotes se succèdent au guidon. Les chronométreurs installés dans leur petite cabine perchée en bord de piste au-dessus des parois vitrées de sécurité n’ont aucun soucis pour repérer la belle jaune grâce au feu rouge installé sous le carénage. En revanche, pour Alain c’est plus dur de voir le panneau des chronos :  « je sais Alain, on n’a pas installé ta superbe guirlande de Noël ! »

Bon….. il est tard, tout le monde au dodo.



Vendredi.
Qu’est ce que j’ai bien dormi bercé par le bruit de la ……… la pluie !

Pour une fois la météo ne s’est pas trompée. C’est un réveil sous un ciel chargé. Du coup, pour améliorer les temps de qualif. C’est cuit !
Nous partirons donc en 27ème position sur la grille de départ.
C’est notre meilleure place depuis notre participation au Bol d’Or. Comme me le fait remarquer Mika, espérons que ce ne soit pas notre plus mauvais résultat à l’arrivée ( un pressentiment ?).

La galère des qualif. de 2004 est oubliée et le moral de l’équipe est au beau fixe malgré la pluie incessante.

Les 2ème séances de qualifs vont donc servir de test de roulage sous la pluie. De nouveau, tout se passe sans problème, les pilotes ayant l’extrême bonté d’épargner les carénages.

Les mécanos consacrent l’après midi au re-conditionnement de la moto pour la course et tout le monde prépare le box pour la visite du public à partir de 18h00. Chacun revêt sa belle chemisette, un p’tit coup de peigne et hop c’est parti pour les photos. Dommage que la pluie se soit-elle aussi invitée ; les pauvres spectateurs sont trempés jusqu’aux os.



Samedi / Dimanche.
Le soleil est de retour sur Magny-Cours mais accompagné d’un fort vent du Nord. Les prévisions donnent des températures plus que fraîches pour la nuit de samedi /dimanche : +4°--> La course s’annonce très physique.

Le warm-up confirme nos craintes : le vent souffle par rafales et les pilotes ont beaucoup de mal à prendre les points de corde. Attention à la chute cet après-midi !

C’est Alain qui prendra le départ, c’est le seul des 3 à ne l’avoir jamais pris  (et oui il faut bien une première !)

Et quel départ !
Dès le premier tour, le Pace- car entre en piste. Morillon sur la Kawa n°8 a trouvé le moyen de nous gratifié d’un splendide salto arrière devant les stands. : la moto en roue arrière s’est retournée !
Heureusement aucune des motos le suivant ne l’a percuté. Grosse frayeur et émotion pour tous les spectateurs et équipiers situés sur la ligne droite des stands.

Alain quant à lui, réalisera un premier relais correct (plusieurs motos sont déjà parties à la faute) puisqu’après un peu plus d’une heure en piste ( merci le réservoir de 24 litres), il passera le guidon à Stéphane en 29ème position.

Stéphane comme à son accoutumé part le couteau entre les dents et assure un relais de toute beauté puisqu’à 17h00, la #42 pointe à la 21ème place et 6ème Stocksport. Jusqu’à 19h00 la #42 maintient sa position et l’équipe entrevoit déjà les perspectives d’un bon résultat sachant que la nuit nous a toujours été favorable depuis que nous participons à ce genre de course.

Comme bien souvent en Endurance c’est lorsque tu commences à y croire que tu prends ta baffe (le tout étant de ne pas tendre l’autre joue quand même !).

19H06 : le speaker annonce une chute au virage d’Adélaïde. P……n ! C’est la notre ; tout allait vraiment trop bien !
Alain rentre au stand quelques minutes plus tard avec une moto légèrement endommagée. Alain n’a rien ; il a été un peu trop généreux aux freins (tu seras puni de Kinder Pinguy) et a percuté l’arrière de la moto le précédant heureusement sans la faire tomber ( t’as fait mieux que Rossi à Motegi !)

Les mécanos changeront  le carénage, la coque arrière, une roulette de protection, le phare et le feu. Après 13 minutes d’immobilisation,
Stéphane repart plus motivé que jamais (en fait, je ne l’ai jamais vu démotivé lorsqu’il s’agit de prendre le guidon).
Dans le stand je lis une certaine déception sur les visages découvrant le nouveau classement : 40ème au général et 15ème Stocksport.

Gardons le moral car la nuit va être longue. De plus, certains team comme nos voisins de stand ( la Motorep n°44) ont déjà abandonné. C’était le 25 ème et dernier Bol pour G. Jolivet . --> Respect pour un grand monsieur qui avait roulé dans notre équipe en 2001. Bon vent à toi Gérard.

Petit à petit la course va plonger dans la nuit noire et froide de Magny-Cours. Tandis que la fête bas son plein du côté du village, les relais s’enchaînent pour la # 42.
Aucun Pace-car ne viendra troubler la nuit ( même le reste de la course d’ailleurs : chose rare) pour donner un peu de répit aux pilotes..

A mi-course ( 02h00), la # 42 est remontée à la 31 ème place et 10 ème Stocksport. On savait que la remontée serait longue.

A 03h15, juste avant de prendre le guidon, Mika m’informe qu’il ne se sent pas très bien ( confirmé par Sandra notre Kiné). On se met d’accord pour un possible arrêt avant la fin théorique de son relais.

Au bout de 20 minutes Mika fait signe qu’il doit rentrer. Alain se prépare rapidement et repart aussitôt. L’anticipation de l’arrêt nous a permis de perdre le minimum de temps. En fait durant la nuit, plusieurs autres pilotes souffriront de problèmes gastriques provoquant même l’abandon de certain équipage. Afin de permettre à Mika de récupérer au mieux, je décide de doubler le relais de Stéphane. Bravo à lui car cela n’était un cadeau d’enchaîner 2 relais de suite aux heures les plus froides de la nuit ( 05h00 à 7h00).

Alain repart au petit matin ( cela commence à être dur pour lui physiquement) avec une belle 26ème place (8ème Stocksport).Il cède sa place à 08h20 à Mickaël pour qui, les quelques heures de repos auront été salvatrices.
De nouveau les relais s’enchaînent correctement jusqu’au nouveau relais de Mika (décidément c’était pas ton Bol !).

A 11h40 Alain lui passe les commandes juste après que les mécanos aient rechaussé la moto de 2 pneus et plaquettes de freins neufs.
Alors que toute l’équipe félicite Alain qui physiquement commence à se liquéfier ! ( dur, dur le Bol cette année !), la # 42 a de nouveau les honneurs de radio circuit. Comme c’est rarement de bonnes nouvelles l’équipe est littéralement scotchée au moniteur TV du stand pour voir et écouter les commentaires du speaker.

Notre commissaire de stand m’annonce que la chute se situe au poste 4 c’est à dire à Estoril, virage le plus rapide du circuit. Dans le meilleur des cas, si Mika peux ramener la moto, nous allons perdre beaucoup de temps. Dans le pire des cas …………….,je m’efforce de ne pas l’imaginer.

De longues minutes vont s’écouler avant de connaître le verdict.

La moto est annoncée arrivant par les voies de sécurité. Deux mécanos vont l’attendre à l’entrée des stands pour pouvoir la pousser.

A 11h38 la # 42 rentre dans le box. Elle en sortira à 11h53 avec Stéphane à son guidon.
Mika a été victime de la défaillance d’un roulement de roue qui a provoqué la casse de l’axe de roue arrière. Les mécanos ont du extraire ce dernier complètement coincé, à l’aide d’une massette et d’une pince étau. L’intervention menée rondement a permis de limiter la casse au niveau du classement même si nous passons de la 19ème place avant l’arrêt (7ème Stock) à la 27ème place après la chute (11ème Stock.).

De nouveau le moral de l’équipe en prend un coup car bien souvent les places perdues dans la matinée ne se récupèrent plus. Décidément, il est dit que ce Bol ne veut pas nous sourire.

Le sort nous épargnera enfin jusqu’à l’arrivée.

Mika doublera les 2 derniers relais afin de suppléer Alain, cette fois si complètement vidé ( dans le style : je marche avec des palmes aux pieds sans plier les genoux).

Le Team # 42 finira le 69ème Bol d’Or à la 26ème place du classement général et 11ème de la catégorie Stocksport.

Notre meilleure place en qualif s’est traduit par notre plus mauvais classement à l’arrivée depuis 4 ans, totalement à l’opposé de 2004. Décidément les années se suivent et ne se ressemblent pas !

Tant pis, on sait que l’Endurance est une discipline difficile à maîtriser. Il faut accepter ses difficultés et ne pas se résigner. Etre à l’arrivée est déjà une fin en soi, un minimum lorsqu’on participe à ce type de compétition. Le goût de passer la ligne est d’autant plus appréciable que lorsqu’on a connu l’abandon.
Alors, il faut parfois se contenter de franchir cette fameuse ligne d’arrivée, ce qui est à la fois une performance insuffisante pour certains et un véritable exploit pour d’autres.

En temps que Team Manager, je tiens à remercier l’ensemble de nos partenaires ( Ixon, Dunlop, Castrol, Eden Bike, les Mairie de Panissieres, de Geugnon, Le Délice des Sables…),les supporters qui sont passés nous voir, la totalité de l’équipe de plus en plus efficace et professionnelle, et les pilotes pour ce résultat.

Au nom de l’équipe, je souhaite bon vent à Stéphane qui quitte le Team #42 pour d’autres aventures.
Personnellement, je tiens à remercier le pilote pour le coté « pro », rigoureux, méthodique et cette envie de toujours vouloir rouler. Je remercierais l’homme pour sa bonne humeur permanente, sa capacité de pouvoir faire abstraction des différents problèmes, sa pugnacité et cette volonté de ne jamais rien lâcher.

Merci enfin pour m’avoir fait partager tes connaissances cinématographiques ( je connais maintenant par cœur les répliques des grands classiques du cinéma français : La vérité si je mens, Les bronzés….) et m’avoir prouvé qu’il était possible de manger autant de chamallow et de yaourt à boire………..

A très bientôt sur les circuits.

Le Team #42 vous donne rendez-vous en 2006 pour, je l’espère, de nouveaux challenges.

Pour le Team #42
Jean-Charles Vignon.


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